Notre culture nous a appris à ne jamais respecter les choses simples.

Ainsi, on a tendance à trop respecter les médecins et les ingénieurs, les financiers qui traitent des chiffres que l'on ne comprend pas, les avocats qui connaissent des textes de loi dont on ne comprend même pas les termes.

Ce sont des gens qu'on doit respecter. Seulement, souvent, ce respect revient à mépriser ou au meilleur des cas à porter un regard assez hautain sur ceux qui ne réussissent pas ces professions.

Ainsi, la femme qui exerce de la broderie est une dépassée, le mécanicien n'est qu'un gars qui a raté ses études etc etc...

Ceci n'est pas le fond du problème que je veux traiter, puisqu'il a déjà été traité par slix (www.slimane.canalblog.com), le fond du pb dont je veux parler est la gravité de mépriser tout ce qui est simple.

On pourrait peut être convenir que quelqu'un qui tient une mahlaba a fait bcp moins de chemin qu'un avocat ou un medecin, on peut également faire autant pour quelqu'un qui tient juste un cyber café ce qui ne prend pas forcément de longues études, ainsi que pour quelqu'un qui a créé une affaire et qui a réussi sans avoir fait d'études là dessus.

Le problème avec cette vision des choses, c'est qu'on se focuse plus sur ce qu'on pensera de nous (dîplome de quelle école, quelle discipline etc..?) et non sur notre avenir tel quel.

Aujourd'hui, beaucoup de personnes font des doctorats sans pour autant comprendre pouquoi elles ont embarqué dedans, d'autres font de la médecine, que pour son titre, sachant très bien au fond d'eux qu'avec autre chose ils vivront plus heureux etc etc...

Pour nous, pour faire une bonne carrière, il faut qu'on se soit trop fatigué dans ses études, même si on est sur de chômer avec par la suite.

Ainsi, on préfère faire de longues études sachant à l'avance qu'on risque de chômer, plutôt que de chercher quelque chose de plus réaliste ou se lancer dans une nouvelle affaire, rien que pour pouvoir tout porter sur le dos de l'État, le jour où il refusera de nous embaucher, et non de sentir l'amertume de notre peur du nouveau, de la créativité.

Est on coupable de cette vision ou plutôt victime d'une éducation basée sur le conformisme et où l'échec est sanctionné d'une manière trop sévère?

Si tout le monde a peur du risque, risque qui peut donner lieu à une carrière excellente, est ce parce qu'on a cette peur dans le sang ou parce qu'on a été éduqué à "pas droit à l'erreur" ?

Quelque soit la réponse, je me mords les doigts chaque fois que je vois à quel point, dans les pays occidentaux, des petites idées de rien du tout, toutes simples, sont acueillies et encouragées, pas comme chez nous où cette "simplicité" est un signe de "faiblesse" ou de "stupidité".

Je suis ébahie chaque fois que je vois la solution que les occidentaux ont trouvée pour un problème simple.

La valeur qu'ils donnent à la simplicité fait que des solutions sont trouvées pour chaque problème, aussi simple qu'il soit!

Chez nous, on méprise les solutions simples, et on préfère subir tous les jours des problèmes simples, mais qui, en s'accumulant, rendent notre vie un vrai enfer (horaires de bus non planifiés alors que ça prend juste un petit effort de planification, files d'attente archaiques dans les administrations alors que de simples numéros font l'affaire, voyages organisés à de tres petits frais grace à un esprit smart alors que les gerants des agences de voyage au Maroc se plaignent pcq "l7araka 3yyana" etc etc...)

Ils font des études courtes, mais qui servent à beaucoup de choses pratiques!

On fait des études longues, qui nous font oublier la simplicité, et on devient nul une fois sur le terrain!