Al-Amîn 

Ayant acquis, sous la direction de son oncle Abou Tâlib un homme de grandes compétences commerciales - une véritable connaissance et expérience des transactions commerciales par caravanes, et étant très apprécié par ceux qui avaient eu l'occasion d'avoir des contacts avec lui, quelques commerçants l'engagèrent comme représentant pour conduire des affaires commerciales pour leur compte. Mohammad s'acquitta avec un tel succès de son travail que les gens s'étonnèrent de son intelligence et de sa capacité dans les affaires. Ils furent tous parfaitement satisfaits de son honnêteté, et toute la Mecque se confondit en louanges pour sa véracité, son fort caractère moral, son honnêteté dans la conduite des affaires et le crédit de confiance dont il jouissait à tous égards. Son caractère irréprochable et la conduite honorable de ce jeune homme discret lui firent gagner le respect de tous ses concitoyens, et lui valurent le titre unanimement consenti d'Amîn, 'Le Digne de confiance'. 

Hilf al-Fudhûl (595 A.-J.)

Etant donné que Mohammad était doté par la Nature d'un esprit compatissant, son cur saignait de douleur à la vue des outrages terribles qui étaient perpétrés impitoyablement sous ses yeux, souvent par ses propres concitoyens, contre des gens sans secours. Il désirait donc sérieusement corriger leurs moeurs, si possible, et cultiver en eux la crainte de Dieu, et il oeuvra sans relâche dans ce sens. Animé par de tels nobles sentiments, alors qu'il n'avait que vingt ans, il voulut prendre quelques mesures en vue de l'éradication de la violence et de l'injustice. Ce fut dans ces circonstances que Zubayr, le plus âgé des fils survivants de `Abdul-Muttalib, forma une ligue dans le but de suggérer aux principales tribus de Quraych de s'engager par serment à assurer la justice aux faibles. Les Hâchimites, les Banu Zohrah et les Banu Taym participèrent à la ligue et jurèrent qu'ils se dresseraient comme défenseurs des gens lésés, qu'ils veilleraient à ce qu'aucune injustice ne restât impunie et que les revendications des opprimés seraient pleinement satisfaites. Le serment est connu sous le nom de Hilf al-Fudhûl. Il s'avéra utile autant comme une prévention de la violence que comme un moyen de réintégration. Quelques années plus tard, Mohammad dira qu'il se sentait heureux du souvenir de l'initiative qu'il avait prise lui-même dans la création de la Ligue du Serment, initiative prise dans la maison de `Abdullâh B. Jod` ân pour mettre fin à la violence et à l'oppression.

Khadîjah fait sa Demande en Mariage à Mohammad 

Elle était une dame distinguée autant par sa haute naissance que par sa fortune. Elle avait déjà été mariée deux fois, et avait accouché de plusieurs enfants, mais elle était veuve à présent. Bien qu'elle eut quarante ans, elle paraissait plus jeune et avait un visage attirant, beau et rayonnant de bonne santé. Beaucoup de nobles Quraychites l'avaient demandée en mariage, mais préférant vivre dans un veuvage digne et indépendant, elle avait rejeté toutes ces demandes. Mohammad était alors à la fleur de l'âge, n'ayant que vingt-cinq ans. Il était doté par la Nature de beauté et d'une apparence agréable. Noble de naissance, il était aussi noble par sa conduite et par ses manières élégantes. Attirée par ses qualités personnelles, et fascinée par sa beauté et son élégance, Khadîjah désira l'épouser. Pour sonder son opinion à cet égard, elle députa une servante qui l'aborda : 'Oh ! Qu'est-ce qui se passe Mohammad ?', faisant allusion adroitement au fait anormal de rester célibataire à cet âge. 'Mais qu'est-ce qui t'empêche de te marier?' 'Je n'ai rien à ma disposition, qui me permettrait de me marier', répondit-il. 'Et si cette difficulté disparaissait et que tu sois invité à épouser une dame belle et riche, de noble naissance, qui te rendrait riche, ne désirerais-tu pas l'avoir ?', lui dit la servante. 'Qui pourrait ce être ?', demanda Mohammad qui commençait à être saisi par cette idée. 'C'est Khadîjah '. 'Mais comment pourrais-je y parvenir ?' 'Laisse-moi faire', rétorqua la femme. 'Je n'ai pas d'objection à une telle union', affirma Mohammad. La femme repartit et rapporta la réponse à Khadîjah qui, sans perdre de temps, annonça à Abû Tâlib, l'oncle et le gardien de Mohammad, son désir de contracter une alliance matrimoniale avec ce dernier.

Mohammad épouse Khadîjah 

Après avoir consulté Mohammad, Abû Tâlib accepta la proposition, et le mariage eut lieu en 599 A.JC avec grand éclat et donna lieu à de nombreux festins. Les invitations furent envoyées par Abû Tâlib et Khadîjah elle-même. Abû Tâlib lut lui-même le sermon de la cérémonie et paya de sa poche la dotde douze Okes et demi d'or, équivalent au prix de vingt jeunes chameaux de bonne race...  Il vécut d'une façon on ne peut plus affectueuse avec sa femme. Elle lui rendit bien son amour pour elle, et son estime pour lui augmentait au fur et à mesure que le temps passait. Le mariage fut un succès parfait à tous égards pour le couple. Khadîjah porta de lui son illustre fille, Fâtimah, destinée à devenir l'aïeule des saints descendants de Mohammad. Elle lui engendra également deux fils : Qâcim - dont le nom valut à Mohammad le sumom d'Abû Qâcim, et `Abdullâh.