15 janvier 2009
israHell la nazie
« Israël devait combattre le Hamas à Gaza comme les États-Unis l’avaient fait face au Japon durant la Seconde guerre mondiale » Avigdor Lieberman
Peut-être aurait-il été plus facile de dire « « Israël devait combattre le Hamas à Gaza comme Hitler l’avait fait face aux juifs durant la Seconde guerre mondiale », on aurait mieux saisi le message ?
17 avril 2008
Crise, bouffe et... Argent!
"Samedi, le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, déclarait que les hausses des prix pourraient avoir des conséquences pour la planète entière. « Des centaines de milliers de personnes vont mourir de faim, ce qui entraînera des cassures dans l'environnement économique », a-t-il dit" *
Selon Strauss-Kahn, le mal n'est pas la mort de centaines de milliers de personnes en soi, mais les conséquences désastreuses que cela va engendrer, à savoir des "cassures dans l'environnement économique".
Même si son intention n'est pas là, avouons que les pays riches n'écouteront que cet argument! Il ne l'a pas mis par hasard... Il l'a mis connaissant l'égoisme et l'aveuglement incroyable de ces pays à amasser de l'argent et à vivre dans le confort pendant que l'Afrique et un bon nombre de pays d'Asie baignent dans la misère...
Mais bon, même dans nos pays tiers-mondistes les plus riches ne se comportent pas en meilleur exemple alors qu'ils côtoient la misère des gens au jour le jour...
Égoisme quand tu nous envahis...
*: article intégral trouvable au http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie-Affaires/2008/04/13/002-bm-crise-alimentaire.shtml?ref=rss
27 mars 2008
les clans : un phénomène social incontournable!
Pour moi, le monde n'était qu'un seul individu, à l'image de Fati, Amal, Safaa et les autres. Leurs parents étaient à l'image des miens... On formait tous le même moule homogène.
Je suis partie aux études supérieures, et mes horizons s'en sont trouvés élargis.
Nouvelle parmi un monde qui se connaissait déjà, je n'ai appartenu à aucun clan, je n'avais pas encore le temps de remarquer qu'il y'en avait, d'ailleurs.
Je me mettais avec n'importe qui, mais avec le temps je remarquais de plus en plus le rejet de certains clans, l'accueil de certains autres, puis l'indifférence d'autres encore.
Une ancienne collègue de classe m'avait parlé de clans de "gens de la mission française, de riches", de clans de "religieuses" et de clans de ce qu'elle appelait "classe moyenne". J'avais trouvé son raisonnement trop ridicule, d'autant plus qu'elle mettait "gens de la mission française" et "riches" dans le même panier, et qu'elle venait de la mission! Je me suis dit: mais c'est quoi cet esprit on ne peut plus hautain!
Cependant, avec le temps, j'ai réalisé que c'était réellement le cas!
En fait, il y'avait le clan des gens de la mission française, qui étaient toujours cloisonnés sur eux mêmes, non, en fait ils étaient également parfois avec des gens de l'Afrique Subsaharienne. Les échanges se passaient quasiment en français uniquement même lorsque tous les interlocuteurs étaient marocains.
Il y'avait le deuxième clan, celui des religieuses voilées. Ce clan accueillait également des non voilées...
Le troisième clan était celui des riches mais reflétant à 100% la culture bourgoise marocaine dans son snobisme et sa superficialité, on y retrouvait des filles venant d'horizons pas mal riches de Casablanca, qui étaient trop snobes pour fréquenter la classe moyenne, mais pas suffisamment proches culturellement des gens de la mission pour en faire partie. Je pense qu'il s'agissait du clan le plus fermé de tous.
Le quatrième, c'était un peu la masse : on y trouvait le marocain lambda. Il y'avait des gens de classe moyenne, de classe pauvre, et quelques personnes de milieu riche mais suffisamment mature pour voguer entre différents clans. On y trouvait également une bonne partie de religieuses voilées.
Enfin, il y'avait le clan des étudiants africains subsahariens qui se réunissaient entre eux, faisaient des soirées où ils invitaient 2-3 marocaines (j'ai eu le privilèges d'en faire partie une fois) et tout le reste était du non marocain.
J'ai longtemps tenté de comprendre cette division très apparente, qui se joue tout d'abord sur les apparences, avant de s'exprimer à travers des divergences d'idées. J'en comprenais une seule chose (et je pense qu'il y'avait une bonne part de vérité là dedans mais elle était loin d'être complète, d'ailleurs même aujourd'hui je ne saurai prétendre qu'elle l'est):
1) Les filles snobes richardes étaient axées suffisamment sur les apparences pour rejeter toute personne d'apparence modeste comme la mienne. Ça se jouait pas mal sur les habits l'accueil ou le refus d'une nouvelle personne. Ma perception n'a pas beaucoup changé avec le temps et mon expérience ne m'a pas démontré d'autre signe qu'un comportement hautain et superficiel de leur part. Je les entendais murmurer des insultes dès qu'une fille (elle aussi riche mais voguant entre toutes les castes) entrait en classe, malgrè ses beaux habits ces filles passaient du bon temps à se moquer de ses habits. Tout ce jouait sur les apparences.
2) Les gens de la mission française se sentaient supérieurs aux autres. Ils refusaient de se mélanger (pour la plupart) aux enfants du peuple. Avec le temps j'ai compris que ce n'était pas forcément le cas. Les gens de la mission sont plus profond dans leur façon de penser que ceux de la 1ère caste. En fait, ils avaient trop peur d'être jugés. Ils venaient d'un environnement très occidental (leur lycée, leur famille) et une fois confrontée au melting pot qu'était notre école, leur moyen de protection était de se cloisonner. J'ai fini par le comprendre à plus d'une occasion. D'abord ils ne refusaient pas de se mélanger avec les africains subsahariens (qui venaient parfois de milieux modestes), pour la simple raison que ces derniers ne jugent pas sur la base de "est-ce qu'une fille fume? est-ce que tu fais le ramadan ou pas?" etc. La 2ème occasion où j'ai pu confirmer cette compréhension, c'est le jour où une fille de ce clan, habitant en face de ma chambre, est venue me dire: "tu sais je ne fais pas le ramadan parce que je suis malade et dois prendre des médicaments tout le temps". J'ai senti son besoin de se justifier auprès de sa voisine de chambre pour ne pas la choquer si jamais elle tombe sur elle entrain de manger en plein jour.
3) Le clan des religieuses voilées : une bonne partie des religieuses voilées se mélangeaient à tout le monde (c'est à dire à toute la classe moyenne et modeste), mais il y'avait une minorité cloisonnée sur elle même. Je pense qu'elles se sentaient plus à l'aise dans leur micro-communauté pour apprendre la religion, se réunissaient pour des cours islamiques et... ne voyaient pas l'utilité d'être avec d'autres personnes! Ou alors elles voyaient les intrus comme des personnes qui risquaient de les critiquer et de se moquer d'elles. Je ne sais pas... Mais ne portant pas le voile à l'époque, j'avoue qu'elles ne se sont jamais montrées mal respectueuses envers moi.
4) Le clan de la masse : dans ce clan, on trouvait quelques gens de la mission française éduqués dans des milieux plus "marocanisés", et donc qui n'éprouvaient pas le besoin de se protéger en se fermant dans des petits cercles. On retrouvait également des voilées, des non voilées, des pauvres, des modestes, des hippies, des conformistes... C'était une autre sorte de melting pot au sein du méga melting pot global. Ce clan reflétait pas mal l'ensemble de la société marocaine, c'est à dire retranchée de ses exceptions (gens trop occidentalisés, gens riches et snobs, voilées)
5) Les africains subsahariens étaient des gens réellement sympas et ouverts à qui veut devenir leur ami. Ils rendaient service aux marocains plus que ces derniers ne le faisaient entre eux mêmes :)... Ils avaient cependant des tensions à l'intérieur de leur clan... Ils se souciaient beaucoup de l'image qu'ils renvoyaient à nous, ils fallaient qu'ils soient plus propres et plus élégants que la moyenne, pour prouver qu'ils ne sont pas inférieurs comme certains marocains racistes le pensent.
Je ne sais pas si j'ai oublié un clan, mais... Je réalise que les clans sont le fruit d'une incapacité de l'humain à essayer de comprendre l'autre, celui qui lui semble différent. L'humain préfère se protéger de tout ce qui est différent de lui, avant même d'essayer de l'explorer davantage... Parce qu'en découvrant l'autre davantage, on réalise que nos différences ne sont souvent pas radicales, ou du moins elles laissent un peu de place à l'émergence d'une réelle amitié... Mais ça prend beaucoup de confiance en soi pour aller découvrir cet autre différent...
10 octobre 2007
Nos différences
Célébrons nos différences
Ou au moins, tolérons nos différences
Sinon, regardons nos ressemblances
Elles nous feront probablement oublier nos différences!
20 juin 2007
Sommes-nous les rois des préjugés?
Je ne sais pas si on est les seuls. Sûrement pas! Mais avouons que dans notre société, beaucoup de nos perceptions sont basées sur de simples préjugés!
On juge les gens avant même de les avoir connus, sur leur simple apparence, et parfois hélàs même lorsqu'on les connait, l'on ne prend pas la peine de comprendre comment ils raisonnent: on adopte des raccourcis, on projette notre propre raisonnement sur eux, et l'on finit par être convaincu que notre intérprétation de la personnalité de l'autre est la bonne!
Commençons d'abord par le jugement de la personne sur ses apparences, avant d'aborder le jugement basé sur nos propres façons d'interpréter les choses.
Dans notre société (et dans bien d'autres, mais cela se fait sur des bases différentes), on case souvent les personnes à partir de l'apparence qu'elles renvoient. Maudite soit la fille belle et attrayante, parce que toute imprudence qu'elle comettra sera expliquée par sa grosse tête, ou, dans le jargon populaire, par sa "3ya9a". Quand je croise un ancien camarade du lycée, il me dit, en parlant de ma copine (plutôt gatée par la nature): flana est vraiment 3ay9a, 3ajebha rassha! elle n'écrit jamais de mails et n'appelle jamais au téléphone.
Lorsqu'on est fille et qu'on est cool avec les gars, c'est que forcément on cherche déséspérément à se marier! dans bien des têtes, l'amitié garçon-fille n'existe pas! Soit la fille est entrain de coller au gars en espérant se marier avec lui, soit le gars est entrain de coller à la fille en espérant obtenir quelque chose de moins musulman que le premier cas!
Quand on porte des habits un peu léger ou qu'on a un caractère ouvert, l'autre est convaincu qu'on n'a sûrement pas la foi! qu'on ne fait pas la prière!... Avant de porter le voile, je me rappelle qu'un ami de l'école s'est montré étonné du fait que je ne faisais pas la bise! pour lui, le fait que je rigole beaucoup avec les gars et que j'aie des amis garçons empêche le fait que j'ai des principes quant au contact "physique" entre les deux sexes, et le jour où j'ai porté le voile quelques uns disaient que je l'enlèverai le lendemain! C'est drôle ce que les autres peuvent se faire comme image erroné de nous en se basant sur de simples apparences mal-interprétées.
Si tu viens d'une ville du Maroc telle que Fès ou Rabat, tu dois tout le temps t'excuser ou du moins te justifier, prouver que tu n'affiches pas les caractéristiques du fassi ou du rbati, mais que tu es comme tout le monde... Si tu es chel7 tu dois tout le temps dépenser de l'argent pour montrer que tu n'es pas plus radin que la moyenne marocaine... Si tu as atteint un certain niveau d'instruction, il ne faut pas comettre d'imprudence, parce que pour toute erreur que tu feras, tu entendras l'incontournable remarque "iwa t9addou lektaf, iwa 9ra jouj 7roufa 7ssablih rassou ma3refte chkoune"...
On s'arrête beaucoup sur les apparences pour juger, on dirait qu'on a peur d'aller plus vers le fond. Pour être jugé comme un bon musulman, il faut avoir la barbe!!! Comme s'il n'y avait pas de foi sans la barbe et comme si cette dernière impliquait forcément la foi! On ne parle pas d'amour de Dieu, de connaissance de Dieu! On passe direct aux symptomes!!! Comment espérons-nous que quelqu'un affiche les symptômes de l'islam lorsqu'on se fout de ce qu'il ressent réellement au fond! On parle plus de voile qu'on parle de vertues et de VRAIE CRAINTE DE DIEU! C'est incroyable! Quand je pense que le prophete (SAWS) a mis 13ans juste pour répandre la foi, pour faire en sorte que les musulmans sachent qui est Dieu, qu'ils soient imprégnés de son Amour... Durant toutes ces 13ans il n'a pas parlé de choses de forme, il n'a rien demandé aux gens, il voulait seulement fixer la foi dans leur coeur... Et nous, du jour au lendemain, on adopte des raccourcis, on porte souvent le voile sans en comprendre le fonds, et dès qu'on le fait on se met à caser les autres, les non voilées, et le sport et réciproque: certaines des non voilées casent les voilées également, comme des retrogrades et je ne sais quoi... Du jour au lendemain la perception de toute la personnalité de l'autre change juste en fonction d'un changement d'apparence!
La liste est encore longue concernant les préjugés basés sur les apparences... Mais c'est pire quand elle est basée sur l'interprétation subjective... Il y'a juste quelque temps, j'interprétais trop le comportement des autres, moi-même, en me basant sur mes propres façons de voir les choses, du coup, mon interprétation était souvent erronnée... Je ne me suis rendue compte que durant les dernières années de ma bêtise, et là encore j'essaie de travailler sur ma personne pour éviter de tomber dans le piège.
Combien de fois j'ai jugé des personnes sur la base d'un événement ponctuel, sans chercher à avoir leur propre explication de leur comportement! Je n'arrêtais pas de caser et de recaser des personnes sur la base de mes débiles d'interprétations... Là j'essaie de me débarasser de cet énorme défaut mais ça prend de l'effort, j'avoue!
Lorsqu'on a grandi dans un environnement particulier, on finit par associer certains comportements à certaines perceptions, alors que ces associations peuvent ne pas tenir dans un autre environnement. Par exemple louer les qualités de quelqu'un peut être associée à "être un lèche bottes" dans un environnement, alors que dans un autre environnement elle peut être associée à de la gentillesse, ou encore à de la complaisance. Avoir l'esprit borné c'est de regarder ce comportement sous une seule lunette, sans avoir pris le temps de connaître la personne qui émet ce type de comportement.
Si l'on se tourne seulement vers l'islam, on réalisera à quel point penser du mal de quelqu'un est malvu dans notre religion... Le simple fait de penser du mal de quelqu'un est un pêché (inna ba3da dhanni ithm), alors que dire de lorsqu'on en devient convaincu et qu'on en parle aux autres!
Je pense qu'on a beaucoup de travail à faire sur notre personne et sur notre communication avec les autres... Parce que l'aspect implicite de la communication dans notre culture ne fait qu'accentuer ces choses... Au lieu de dire directement à la personne ce qu'on pense ou de lui demander gentiment pourquoi elle a adopté tel ou tel comportement, on fabrique notre propre explication de la chose, et pire, on en devient convaincu... Combien d'amitiés et combien de vies conjugales sont gâchées juste à cause de cet amas de préjugés et de fausses interprétations des choses... J'avoue que le travail à faire est assez colossal quand on a grandi avec ça, mais ça vaut toujours la peine d'essayer :)...
27 avril 2007
Le rapport à l'argent
Le rapport à l'argent diffère d'une société à l'autre mais également d'une famille à l'autre.
Hier en papotant avec ma copine russe, elle m'a dit que chez eux c'est mal vu de ne pas demander aux autres combien ils gagnent! Au Maroc et dans les pays Occidentaux, le salaire reste un tabou. Pour des raisons plus ou moins rationnelles on préfère garder ce chiffre pour soi...
Par ailleurs, l'argent sert à beaucoup de choses, mais sert aussi et surtout, selon moi, à connaître le fond des personnes... C'est incroyable mais je n'ai jamais réalisé à quel point l'argent avait ce poids, surtout dans notre société marocaine qui devient de plus en plus matérialiste... L'argent divise des familles, crée des problèmes entre parents et enfants, dévoile les faux amis, aveugle les gens par rapport aux principes humains...
Qu'en pensez-vous? Comment faire pour que l'argent cesse de faire tourner nos vie?
23 mars 2007
Pas de visa? Ne retourne pas chez toi!
C’est drôle comme la vie n’est pas toujours rose pour nous, tiers-mondistes! Quand on est au pays, l’on attend impatiemment, pour une grande majorité, le jour où l’on passera de l’autre coté de la rive, pour construire son avenir là bas, avant de rentrer en toute fierté chez soi.
Mais, pour passer de l’autre coté, c’est galère. Réveil à des heures bizarres le matin, des heures auxquelles on ne se réveille même pas pour prier le Seigneur des mondes… La fameuse file à l’ambassade. On ravale sa rage devant un personnel pas toujours accueillant, la fin justifiant les moyens (ou les non-moyens). Le fameux dépistage médical… Iwa qui sait, les tiers-mondistes portent toutes les maladies possibles et inimaginables… Une fois notre corps de l’autre coté de la rive, notre cœur demeure au pays. On y pense à chaque occasion. On soupire lorsque sur cette terre d’accueil, l’on est respecté, nos droits non bafoués, en pensant à l’injustice au pays… L’on se sent chanceux, lorsqu’on est traité plus ou moins équitablement dans ce nouveau pays, sans regard au nom de famille ou au statut du père, et l’on se demande quand notre pays atteindra ce niveau… L’on grince les dents lorsqu’on nous regarde comme des étrangers, comme des moins que rien, et on a déjà la nostalgie pour le pays, où l’on fonds dans le moule, avec nos cheveux noirs et notre peau brunâtre. Nos intestins font la grève lorsqu’on se retrouve devant des sandwichs froids et sans goût, à ravaler en plein travail sans aucun plaisir, et là ce n’est plus seul notre cœur qui est tourné vers le pays, mais le ventre aussi… On salive en pensant aux mets savoureux du pays, puis arrive le 22 mars, et là et on commence à se révolter… Ça s’appelle printemps mais ne me demandez pas pourquoi les vitres de la maison sont toujours couvertes de neige! On se dit ça y’est, il est temps de rentrer pour recharger les batteries… Et on commence à faire des plans de vacances, à s’imaginer sous le beau soleil du pays, avec ses amis et proches, autour d’un bon plat chaud, plein des saveurs du pays et attiédi par la chaleur des amis…
Sauf que… ! Il y’a un visa encore plus humiliant pour retourner aux pays! Un prix psychologique et financier pesant qui nous attend! Celui des cadeaux! Eh oui, on ne part pas au pays « riche » sans en ramener les « saveurs » aux compatriotes! Combien de personnes que je connais s’abstiennent du bonheur de rentrer au pays. Premier motif donné : "ça me coûte trop cher, tu sais les cadeaux… Tout le monde les attend avec impatience"! Le plus révoltant c’est qu'il s'agit souvent de femmes qui n’ont aucun revenu! Alors elles sont condamnées à rester pendant 3ans, voire plus, pour ne pas subir la honte de rentrer les mains vides! Au début je pensais qu’il s’agissait de cas isolés… Je pensais que le tenant du snack marocain chez qui je partais manger et qui ne pouvait rentrer car les cadeaux lui coûteraient dans les 3000$ était une exception! Sauf que, depuis, je n’entends plus que ce motif! On n’évoque même plus celui du billet d’avion!
Eh oui, qui aurait dit que le visa pour aller chez autrui coûtait parfois moins cher que celui de rentrer chez soi!
29 janvier 2007
Entretenir la peur... Le début du déclin...
La politique de l'autruche consiste par excellence aujourd'hui, dans les pays occidentaux, à entretenir la peur de l'autre, soit-elle justifiée ou non...
Ainsi, le français musulman d'origine maghrébine (qualificatif qui le suivra pendant X générations alors qu'une seule a suffi pour faire oublier que Sarkozy était d'origine hongroise), ce français qui n'a jamais mis les pieds dans une mosquée (avouons que XY% des jeunes musulmans de nos jours n'ont jamais ouvert le coran de leur vie et très peu font la prière, le XY étant voulu parce que marre des statistiques à sensations fortes mais là encore c'est une autre histoire...), ce français serait un islamiste, un intégriste (les qualificatifs divergent et leur point commun est que leurs auteurs, outre le fait qu'ils ne connaissent pas leurs définitions, n'ont jamais mis les pieds dans une banlieue, ne savent pas que des parents musulmans interdisent à leurs filles de porter le voile et pensent que les 36 000 pays musulmans du globe vivent dans les mêmes conditions que l'Arabie Saoudite. La cerise sur le gateau: ils pensent que la Tunisie est un pays démocratique :)). Par ailleurs, ils nous disent que lorsqu'on part dans un pays, il faut se plier à ses règles... Sauf que... Ne me demandez pas pourquoi le jour où, me promenant sur le sable doré de la plage d'Agadir, on a été obligé, mon père et moi même, de faire demi-tour, après avoir été obligé d'apercevoir la nana occidentale aux cheveux dorés qui s'exposait à moitié nue sur le sable... Mais bien sûr ces messieurs n'ont jamais quitté leur sol. Pour eux le monde musulman = l'arabie saoudite. Ne leur demandez pas de vous situez la Malaisie sur la carte, ils en seront incapable, et ne prétendez pas que 13% seulement des pays musulmans sont arabes. Quand vous leur montrez votre photo de remise de diplomes de vos études supérieures au Maroc et que 90% des nanas ne portent pas le voile et 50% portent des habits pas mal osés, et qu'ils persistent à dire que ces nanas sont protestantes ou catholiques, même si vous savez que vos copines de promo sont musulmanes, n'osez surtout pas produire l'effet qu'ils détestent le plus: la dissonance cognitive. Ils ont passé 30 ans à avaler ce qu'on leur expose à la télé, et puis ça coûte moins cher de regarder la télé que voyager... Ça coûte moins cher de parler des musulmans que aux musulmans...
Le problème, c'est qu'ils feignent ignorer que les occidentaux commencent à être las des histoires bidons qu'on leur raconte, qu'on ne réussira plus pour longtems à leur faire avaler que tous leurs problèmes socio-économiques émanent de présumés intégristes...
En attendant que le terrorisme médiatique cesse, je m'en vais faire quelque chose d'utile à mon cher pays tiers-mondiste... Disons qu'on en a assez de l'humiliation et qu'il est temps de bouger et pas seulement blablabler...
03 janvier 2007
Guilty for being the best
Rien que le titre de ce post me fait honte!
:)
Ensuite...
"J'ai acheté une voiture, je me suis acheté un appartement... Alors j'espère que je suis pardonné pour mon absence"
...
"Nous sommes partis, quatre cadre dynamiques, à tel endroit..."
...
"Je suis ce qu'on appelle l'élite au Maroc, puisque j'ai fait l'école des Ponts Et Chaussées..."
Tellement de phrases lues par ci, par là... Écrites par des personnes qui manquent pas mal de modestie, d'après ce que je vois.
Tout le monde n'a pas la chance d'être "the best" :)) (si best il y'a), et au Maroc, tout le monde n'est pas cadre dynamique, encore moins élite, puisqu'il faut une masse derrière pour être l'élite...
Tout le monde n'arrive pas à s'acheter une voiture ni un appart, encore moins quand on est jeune, et encore moins lorsqu'on habite dans un pays tiers-mondiste comme le Maroc...
Lire de telles phrases pour des personnes auxquelles la vie n'a pas toujours fait cadeau, ne doit pas être très drôle, ni pour ceux qui ne sont ni cadres, ni dynamiques... ni pour ceux qui, à 40ans, n'ont ni voiture ni appartement... Ils n'ont même pas de travail pour avoir le luxe de ne pas vivre aux dépends de leurs parents...
Cependant, ceci ne dissuade pas certains de nos amis, d'afficher ces choses matérialistes... Ils n'ont rien à faire des frustrations des autres. Ce qui compte, ce sont eux!
Des fois on est obligé de dévoiler un aspect, quelque chose que Dieu nous a donné, parce que ça vient dans le contexte, mais à certains moment, il y'en a qui sentent réellement le besoin de s'afficher. Manque de confiance? manque de classe? Je ne sais pas...
En tous cas je préfère de loin ceux qui s'affichent par leur culture générale intéressante, à ceux qui se décrivent comme étant "guilty for being the best"
27 octobre 2006
Vous avez dit choc de cultures?
Vivant dans une ville des plus multi-ethniques au monde, j'ai eu la chance de côtoyer des personnes de beaucoup de nationalités, provenant parfois de pays que je ne connaissais que vaguement, d'autres de pays que je ne connaissais pas (oui c'est drôle à avouer mais il y'a juste 3ans je ne savais pas qu'un pays nommé "l'Arménie" existait... C'est dû, outre le fait que ma culture générale est limitée, au fait que ce pays faisait partie de la Russie et n'est devenu un pays à part entière qu'il y'a 10ans), bon bref, c'est juste pour dire que j'ai connu des arméniens, colombiens, roumains, français (bon ceux là on les connait déjà mais j'ai eu l'occasion de tisser des liens plus étroits que le simple fait de savoir qu'il existe des français qui nous ont colonisés, oui ce sont des ex colonisateurs mais pas seulement ça... J'ai eu l'occasion aussi de rencontrer des pakistanais, des russes, des CANADIENS (bah oui ce sont nos hotes normal quoi!), des hongrois (je sais ça devient long mais ça m'amuse, je n'ai jamais eu l'occasion de faire le bilan... une turque (oui y'en a pas beaucoup) ah non deux ou trois, des libanais, des malgaches, des indiens, des sénégalais, des tunisiens, algériens, des chinois, des thailandais, des mexicains, ds chiliens, des péruviens, une tchèque, des espagnols, des brésiliens, des egyptiens, une congolaise, des nigérians, une personne du Salvador (je ne sais pas comment ça s'appelle)... Wow je réalise au fur et à mesure que j'énumère ces nationalités à quel point elles sont nombreuses...
Bon, tout ça pour arriver au sujet du choc des cultures... Quand on croise une personne différente, y'a-t-il fatalement un choc de cultures qui se produit? ou alors un choc de civilisations? ou peut-être est-ce un choc de religions?
Les médias ont beau vouloir nous persuader de ça, pour justifier les guerres qui se produisent en ce moment... Force est de constater que c'est archi-faux.
En papotant la dernière fois avec une camarade chinoise, que je venais à peine de connaître il y'a quelques minutes, le courant passait déjà... On ne partage absoument rien: elle est boudhiste, et moi musulmane, elle parle mandarin, et moi arabe, elle préfère le riz et moi le pain :)).. Enfin on partage peut-être un petit peu des yeux mais c'est tout, mais durant toute notre discussion le courant est passé: absolument aucune tension!
Je connais depuis juste quelques semaines un couple de méxicains, et Dieu sait combien il y'a ce sentiment de proximité entre nous... Ils parlent à peine français et moi à peine espagnol, notre façon de converser est très drôle mais surtout précaire, mais il y'a queque chose qui passe :)
Hani est mon camarade de classe: il est de père grec et de mère egyptienne, de confession juive... On s'amuse beaucoup dans les cours et nos conversations ne manquent jamais de ce brin d'humour qui égaie nos journées...
Raluca est roumaine, orthodoxe de religion... J'ai rarement vu quelqu'un dans sa bonté... On a passé des moments agréables et j'ai toujours senti qu'elle m'aimait beaucoup... Un sentiment, comme ça!
Christelle est française, avec elle, beaucoup de mes préjugés erronnés sur les français, que les médias ont eu le cran de me faire avaler pendant bien des années, se sont neutralisés... La période que j'ai passé en sa compagnie est parmi les plus merveilleuses de mon séjour au Canada, elle a un je ne sais quoi... Un humour spécial, beaucoup de sincérité, elle a fait preuve de beaucoup de confiance envers moi en me racontant des détails délicats de sa vie, et ça m'a touché... Je la sens tellement proche de moi que parfois, je me retrouve entrain de lui parler en arabe!
Irina est russe, elle est... adorable! avec elle, j'ai appris que dans la vie, il faut être très patient, que le monde ne s'arrête pas devant le premier échec et que, quand on a un grand coeur, on finit toujours par trouver le chemin du bonheur...
Les médias mettent tellement l'accent sur les "prétendus chocs de civilisations", que récemment je me suis surprise à quel point ces "chocs" dont ils parlent n'existent pas du tout dans mon esprit... Quand je parle à Irina, Christelle, Raluca, Kim et Hani, je ne vois pas en eux l'athée, la catholique, l'orthodoxe, la boudhiste ou le juif... je vois en eux de bons amis avec qui je sens que le contact passe, avec qui je passe de bons moments...
Mais, j'avoue qu'avec les occidentaux de manière générale, le contact passe moins aisément que ça... Il y'a toujours cette barrière qui nous sépare, cette montagne de préjugés d'une part et de l'autre... Ce sentiment d'être perçu comme étant inférieur, ce sentiment que cet autre se perçoit comme étant supérieur... Ce sentiment que l'autre regarde en moi mon foulard avant de voir mon être humain... Je ne sais pas pourquoi, mais ce "problème" ne se passe que lorsque ce sont des occidentaux... Pas tous heureusement, il y'en a de si merveilleux que je me demande comment ils ont fait pour échapper à cette montagne de préjugés sur les indigéno-attardo-terroristes que nous sommes, et que les médias leurs livrent sur un plat en or matin, après midi et soir?
Il ne s'agit pas d'un choc de civilisations, il s'agit d'une lutte entre des personnes qui se perçoivent comme étant supérieures, pour n'être pas nées dans un pays où la vie n'est pas toujours cadeau, ou tout simplement parce que les médias ne cessent de les programmer sur ces "tiers mondistes, arabo-musulmans, source de tous les maux"...
Il ne s'agit pas d'une guerre de religions, et pas non plus de choc de cultures...
Messieurs les avides de sang et de pétrole, il s'agit d'une luttre pour des ressources, une lutte politique, un mythe de supériorité de votre part, mais je refuse de croire que les être humains se combattent juste à cause de leurs différences, et mon expérience personnelle je pense est assez vivante pour ne pas me laisser absorber vos mensonges! Sinon expliquez-moi pourquoi est-ce qu'avec des latinos ou des gens de l'europe de l'est, je me sens aussi à l'aise que si je me parlais à moi même?