Être soi même

Exprimer ses pensées avec respect, ne pas changer de couleur selon les circonstances

17 juin 2008

Poulet rôti à la marocaine, hmmmmm!!

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Super, le poulet rôti aux olives à la marocaine. Un plat qui nous donne l'eau à la bouche dès qu'on y pense. Pas étonnant que ce soit un met incontournable durant les fêtes de mariage.

La recette est relativement simple:

Prendre un poulet qu'on aura lavé avec du sel et du citron auparavant. Lui appliquer la sauce suivante et de l'extérieur et de l'intérieur:

1/2 citron confit coupé en mini-morceaux, un peu de persil, 2 ails râpés, huile d'olive, sel, poivre, gingembre et safran. Le laisser reposer 30min.

Dans une cocotte, mettre un petit peu d'huile, 1 ou 2 petits ognions émincés, attendre qu'ils deviennent tendres.

Rajouter le poulet qu'on aura attaché avec un fil pour pas que ses différentes parties se détachent, et le faire dorer de tous les cotés.

Rajouter un petit peu d'eau puis fermer la cocotte pendant 45min (on peut le laisser seulement 30min mais moi je le préfère très tendre puis au moins on est sûr de s'être débarrassé de toutes les bactéries ;).

Une fois le poulet cuit, l'enlever de la cocotte et le mettre griller au four jusqu'à ce qu'il soit doré. Quant à la sauce, y rajouter des olives vertes dénoyautées et la laisser réduire jusqu'à ce qu'elle soit onctueuse.

Un vrai délice!

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16 juin 2008

Minimisons notre pollution!

Quand je suis arrivée au Québec, je ne cessais d'être fascinée devant autant de gaspillage: trop de prospectus et de circulaires distribués à chaque fin de semaine pour nous inciter à consommer davantage, trop d'emballages et de suremballages pour un petit truc dont la valeur est de loin minime par rapport à l'emballage. La banque qui vous envoie à chaque fois une enveloppe te disant le montant de ton compte bancaire que tu es capable de vérifier en ligne, les petits yougourts et les petits tubes de yougourt qui prennent 10cl de yougourt et le double en plastique, les sacs en plastiques que les gens surutilisent!!! Je ne comprends pas: chaque fois qu'ils partent faire des courses ils en prennent de nouveaux! Je me demande où la vingtaine de sacs de la semaine passée passent!!! OK je veux bien qu'on utilise les sacs pour sa poubelle mais tout de même! Au Maroc chez l'épicier traditionnel tu ramène ton propre sac pour acheter ce que tu as à acheter (malheureusement les grandes surfaces qui poussent comme des champignons distribuent des sacs en plastique exactement comme ici)... L'épicier traditionnel, voulant sauver ses coûts, vous demande de ramener le votre, puis quand vous partez au marché hebdomadaire pour les légumes et fruits, vous mettez tout dans le fameux panier en paille... Quoique ces habitudes sont entrain de disparaitre à petit feu, malheureusement.

Bref, quand je venais d'arriver, j'étais convaincue que eux, les canadiens, les québécois, polluent trop... Sauf qu'au fil du temps, je réalisai à quel point je suis tombée dans les mêmes habitudes: Moi qui n'ai jamais vu de ma vie rentrer une pizza surgelée chez nous au Maroc, eh bien j'en ai toujours au moins une dans mon congélateur, au cas où... On consomme beaucoup de yougourts et les emballages qui vont avec...

Je me suis mise à tout recycler, en bonne citoyenne(?), et... à ma grande surprise, je réalise que je sors chaque jour un sac plein à craquer de matières à recycler!!! Je réalise que je consomme autant que la moyenne, en termes d'emballages et de suremballages!!! Quand on habite un pays, on finit souvent par prendre ses habitudes, bonnes comme mauvaises hélas!

Je m'efforce de poser certains gestes, comme celui de ramener tous les sacs usés pour faire mes courses (et peu importe si les gens sont surpris de voir des sacs usés et qui portent un autre nom que le magasin où je suis, ce ne sont pas leurs regards qui sauveront l'environnement), je recycle tout ce qui passe sous mes mains (et des fois je me demande si l'eau que je gaspille à laver le pot avant de le mettre au recyclage n'est pas en soi un geste anti-écologique???)... Bref il ne faut jamais se dire qu'on est épargné et que seuls les autres polluent... Tout petit geste qu'on pose, aussi minime soit-il, peu aider...

Et souvent j'ai la nostalgie du Maroc, où les sacs allant à la poubelle ne contiennent que des restes de légumes, la peau de fruits, bref pas d'emballage de pizza, pas de sacs de légumes surgelés, pas de ci et pas de ça... Comme quoi les tiers-mondistes participent mieux -malgré eux- à la préservation de notre planète! :)

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17 avril 2008

Crise, bouffe et... Argent!

"Samedi, le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, déclarait que les hausses des prix pourraient avoir des conséquences pour la planète entière. « Des centaines de milliers de personnes vont mourir de faim, ce qui entraînera des cassures dans l'environnement économique », a-t-il dit" *

Selon Strauss-Kahn, le mal n'est pas la mort de centaines de milliers de personnes en soi, mais les conséquences désastreuses que cela va engendrer, à savoir des "cassures dans l'environnement économique".

Même si son intention n'est pas là, avouons que les pays riches n'écouteront que cet argument! Il ne l'a pas mis par hasard... Il l'a mis connaissant l'égoisme et l'aveuglement incroyable de ces pays à amasser de l'argent et à vivre dans le confort pendant que l'Afrique et un bon nombre de pays d'Asie baignent dans la misère...

Mais bon, même dans nos pays tiers-mondistes les plus riches ne se comportent pas en meilleur exemple alors qu'ils côtoient la misère des gens au jour le jour...

Égoisme quand tu nous envahis...

*: article intégral trouvable au http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie-Affaires/2008/04/13/002-bm-crise-alimentaire.shtml?ref=rss

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27 mars 2008

les clans : un phénomène social incontournable!

Pour moi, le monde n'était qu'un seul individu, à l'image de Fati, Amal, Safaa et les autres. Leurs parents étaient à l'image des miens... On formait tous le même moule homogène.

Je suis partie aux études supérieures, et mes horizons s'en sont trouvés élargis.

Nouvelle parmi un monde qui se connaissait déjà, je n'ai appartenu à aucun clan, je n'avais pas encore le temps de remarquer qu'il y'en avait, d'ailleurs.

Je me mettais avec n'importe qui, mais avec le temps je remarquais de plus en plus le rejet de certains clans, l'accueil de certains autres, puis l'indifférence d'autres encore.

Une ancienne collègue de classe m'avait parlé de clans de "gens de la mission française, de riches", de clans de "religieuses" et de clans de ce qu'elle appelait "classe moyenne". J'avais trouvé son raisonnement trop ridicule, d'autant plus qu'elle mettait "gens de la mission française" et "riches" dans le même panier, et qu'elle venait de la mission! Je me suis dit: mais c'est quoi cet esprit on ne peut plus hautain!

Cependant, avec le temps, j'ai réalisé que c'était réellement le cas!

En fait, il y'avait le clan des gens de la mission française, qui étaient toujours cloisonnés sur eux mêmes, non, en fait ils étaient également parfois avec des gens de l'Afrique Subsaharienne. Les échanges se passaient quasiment en français uniquement même lorsque tous les interlocuteurs étaient marocains.

Il y'avait le deuxième clan, celui des religieuses voilées. Ce clan accueillait également des non voilées...

Le troisième clan était celui des riches mais reflétant à 100% la culture bourgoise marocaine dans son snobisme et sa superficialité, on y retrouvait des filles venant d'horizons pas mal riches de Casablanca, qui étaient trop snobes pour fréquenter la classe moyenne, mais pas suffisamment proches culturellement des gens de la mission pour en faire partie. Je pense qu'il s'agissait du clan le plus fermé de tous.

Le quatrième, c'était un peu la masse : on y trouvait le marocain lambda. Il y'avait des gens de classe moyenne, de classe pauvre, et quelques personnes de milieu riche mais suffisamment mature pour voguer entre différents clans. On y trouvait également une bonne partie de religieuses voilées.

Enfin, il y'avait le clan des étudiants africains subsahariens qui se réunissaient entre eux, faisaient des soirées où ils invitaient 2-3 marocaines (j'ai eu le privilèges d'en faire partie une fois) et tout le reste était du non marocain.

J'ai longtemps tenté de comprendre cette division très apparente, qui se joue tout d'abord sur les apparences, avant de s'exprimer à travers des divergences d'idées. J'en comprenais une seule chose (et je pense qu'il y'avait une bonne part de vérité là dedans mais elle était loin d'être complète, d'ailleurs même aujourd'hui je ne saurai prétendre qu'elle l'est):

1) Les filles snobes richardes étaient axées suffisamment sur les apparences pour rejeter toute personne d'apparence modeste comme la mienne. Ça se jouait pas mal sur les habits l'accueil ou le refus d'une nouvelle personne. Ma perception n'a pas beaucoup changé avec le temps et mon expérience ne m'a pas démontré d'autre signe qu'un comportement hautain et superficiel de leur part. Je les entendais murmurer des insultes dès qu'une fille (elle aussi riche mais voguant entre toutes les castes) entrait en classe, malgrè ses beaux habits ces filles passaient du bon temps à se moquer de ses habits. Tout ce jouait sur les apparences.

2) Les gens de la mission française se sentaient supérieurs aux autres. Ils refusaient de se mélanger (pour la plupart) aux enfants du peuple. Avec le temps j'ai compris que ce n'était pas forcément le cas. Les gens de la mission sont plus profond dans leur façon de penser que ceux de la 1ère caste. En fait, ils avaient trop peur d'être jugés. Ils venaient d'un environnement très occidental (leur lycée, leur famille) et une fois confrontée au melting pot qu'était notre école, leur moyen de protection était de se cloisonner. J'ai fini par le comprendre à plus d'une occasion. D'abord ils ne refusaient pas de se mélanger avec les africains subsahariens (qui venaient parfois de milieux modestes), pour la simple raison que ces derniers ne jugent pas sur la base de "est-ce qu'une fille fume? est-ce que tu fais le ramadan ou pas?" etc. La 2ème occasion où j'ai pu confirmer cette compréhension, c'est le jour où une fille de ce clan, habitant en face de ma chambre, est venue me dire: "tu sais je ne fais pas le ramadan parce que je suis malade et dois prendre des médicaments tout le temps". J'ai senti son besoin de se justifier auprès de sa voisine de chambre pour ne pas la choquer si jamais elle tombe sur elle entrain de manger en plein jour.

3) Le clan des religieuses voilées : une bonne partie des religieuses voilées se mélangeaient à tout le monde (c'est à dire à toute la classe moyenne et modeste), mais il y'avait une minorité cloisonnée sur elle même. Je pense qu'elles se sentaient plus à l'aise dans leur micro-communauté pour apprendre la religion, se réunissaient pour des cours islamiques et... ne voyaient pas l'utilité d'être avec d'autres personnes! Ou alors elles voyaient les intrus comme des personnes qui risquaient de les critiquer et de se moquer d'elles. Je ne sais pas... Mais ne portant pas le voile à l'époque, j'avoue qu'elles ne se sont jamais montrées mal respectueuses envers moi.

4) Le clan de la masse : dans ce clan, on trouvait quelques gens de la mission française éduqués dans des milieux plus "marocanisés", et donc qui n'éprouvaient pas le besoin de se protéger en se fermant dans des petits cercles. On retrouvait également des voilées, des non voilées, des pauvres, des modestes, des hippies, des conformistes... C'était une autre sorte de melting pot au sein du méga melting pot global. Ce clan reflétait pas mal l'ensemble de la société marocaine, c'est à dire retranchée de ses exceptions (gens trop occidentalisés, gens riches et snobs, voilées)

5) Les africains subsahariens étaient des gens réellement sympas et ouverts à qui veut devenir leur ami. Ils rendaient service aux marocains plus que ces derniers ne le faisaient entre eux mêmes :)... Ils avaient cependant des tensions à l'intérieur de leur clan... Ils se souciaient beaucoup de l'image qu'ils renvoyaient à nous, ils fallaient qu'ils soient plus propres et plus élégants que la moyenne, pour prouver qu'ils ne sont pas inférieurs comme certains marocains racistes le pensent.

Je ne sais pas si j'ai oublié un clan, mais... Je réalise que les clans sont le fruit d'une incapacité de l'humain à essayer de comprendre l'autre, celui qui lui semble différent. L'humain préfère se protéger de tout ce qui est différent de lui, avant même d'essayer de l'explorer davantage... Parce qu'en découvrant l'autre davantage, on réalise que nos différences ne sont souvent pas radicales, ou du moins elles laissent un peu de place à l'émergence d'une réelle amitié... Mais ça prend beaucoup de confiance en soi pour aller découvrir cet autre différent...

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25 mars 2008

France : moments d'agonie de la liberté d'expression

Devant le nombre incroyable d'événements reflétant l'hypocrisie de l'état français et son deux poids-deux mesures crevant les yeux, j'ai décidé de publier une série spéciale "France : moments d'agonie de la liberté d'expression".

Chaque post fera le résumé d'un manquement flagrant à la liberté d'expression qui n'a pour égal que l'obssession du même état à sacraliser ce concept lorsque le préjudice cible les peuples "non-élus".

France : un haut fonctionnaire limogé pour un article ''Anti-Isrélien''

Un haut fonctionnaire français, le sous-préfet de Saintes (sud-ouest) Bruno Guigue, a été limogé après avoir publié une tribune "violemment anti-israélienne" sur un site internet, a-t-on appris auprès du ministère de l'Intérieur.
Dans une tribune publiée le 13 mars sur le site internet "Oumma.com", M. Guigue, dont la qualité de sous-préfet n'était pas mentionnée, estimait notamment qu'Israël est "le seul Etat au monde dont les +snipers+ abattent des fillettes à la sortie des écoles". Il ironisait également sur les "geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s'interrompt de torturer pendant Shabbat".
La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a "été mise au courant mercredi du contenu de cette tribune et a immédiatement décidé de mettre fin aux fonctions"" de M. Guigue, a-t-on indiqué au ministère.
Le haut fonctionnaire "s'est mis lui-même en dehors des conditions d'exercice de sa fonction"" en commettant "une violation flagrante et caractérisée du devoir de réserve", a par la suite déclaré son supérieur hiérarchique, le préfet de Charente-Maritime Jacques Reiller.
M. Guigue, "aura rendez-vous dans les jours qui viennent avec son administration du personnel" pour être reversé à un poste d'administrateur civil, et d'ici-là n'exerce plus ses fonctions, a précisé le préfet.
Diplômé notamment de l'Ena (Ecole nationale d'administration, le creuset des élites françaises), M. Guigue a publié plusieurs ouvrages, dont ""Proche-Orient: la guerre des mots"", et des tribunes sur la situation proche-orientale. Il ne souhaitait pas s'exprimer dimanche, selon la préfecture de Charente-Maritime.
Le site "Oumma.com" " se présente comme "le premier site de l'islam francophone sur internet" avec "plus de 6 millions de visites mensuelles".
Il affirme constituer "une initiative indépendante de nature culturelle, civique et informative", visant notamment à "organise(r) le débat d'idées sur l'intégration et la représentation de l'islam en Europe et partout dans le monde francophone".

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17 mars 2008

Quand c'est le peuple qui parle

Par ici

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11 mars 2008

Sans commentaire :((((((

Gaza_1

Gaza_2

"Quand les injustes verront le châtiment, ils sauront que la force tout entière est à Allah et qu'Allah est dur en châtiment!" Coran (1:166)

Si une blessure vous atteint, pareille blessure atteint aussi l'ennemi. Ainsi faisons-Nous alterner les jours (bons et mauvais) parmi les gens, afin qu'Allah reconnaisse ceux qui ont cru, et qu'Il choisisse parmi vous des martyrs - et Allah n'aime pas les injustes. Coran (3:144)

Dis: ‹Ô mon peuple! Continuez à agir selon votre méthode; moi aussi j'agirai selon la mienne. Ensuite, vous saurez qui aura un meilleur (sort) dans l'au- delà.› Certes, les injustes ne réussiront jamais. Coran (6:136)

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03 mars 2008

Un monde sans l'islam

Avertissement : les gens qui aiment faire des raccourcis et n'essaient pas de comprendre avant de faire leur crise dans ce genre de sujets, seront incapables de lire cet article jusqu'au bout.

Les autres (les gens libres, intellos, esprit analytique, critique), à vous:

"Un monde sans l'islam", par Graham E. Fuller*

Imaginez, si vous le souhaitez, un monde sans l’Islam – une situation, il faut l’admettre, inconcevable, vu la place centrale qu’il occupe dans nos titres de nouvelles quotidiennes. L’Islam semble être derrière un large éventail de désordres internationaux : attentats suicides, voitures piégées, occupations militaires, luttes de résistance, émeutes, fatwas, jihad, opérations de guérilla, vidéos de menace et le 11/9 lui-même. « L’Islam » semble offrir une pierre de touche (un standard de mesure) analytique simple et instantanée, nous permettant de bien comprendre le monde convulsif d’aujourd’hui. En effet, pour quelques néoconservateurs « l’Islamofascisme » est maintenant notre ennemi juré dans une imminente « troisième guerre mondiale ». 

Mais permettez-moi un peu. Et s’il n’y avait pas une telle chose comme l’Islam ? Et s’il n’y avait jamais eu de Prophète Mohammed, ni de saga de propagation de l’Islam à travers des grandes parties du Moyen Orient, de l’Asie et de l’Afrique ? 

Etant donné notre actuelle focalisation sur le terrorisme, la guerre et l’antiaméricanisme rampant – l’un des sujets internationaux le plus émotionnel aujourd’hui –, il est vital de comprendre les vraies sources de ces crises. Est-ce l’Islam la source du problème, ou est-ce que cette source ne se trouve plutôt du côté de facteurs moins clairs et plus profonds? 

Pour l’intérêt de l’argumentation, dans un effort d’imagination historique, faites-vous une image d’un Moyen Orient dans lequel l’Islam n’est jamais apparu. Serions-nous alors épargnés de beaucoup des défis qui se trouvent aujourd’hui devant nous ? Le Moyen Orient serait-il plus pacifique ? De combien le type des relations Est-Ouest serait-il différent ? Sans l’Islam, il est sûr que l’ordre international présenterait une image très différente de celle d’aujourd’hui. Ou le ferait-il ?

ET SI PAS D’ISLAM, ALORS QUOI ? 

Depuis les premiers jours d’un large Moyen Orient, l’Islam a visiblement façonné les normes culturelles voire même les préférences politiques de ses disciples. Comment pouvons-nous alors séparer l’islam du Moyen Orient ? Comme il s’avère, ce n’est pas très difficile à imaginer. 

Commençons par l’aspect ethnique. Sans l’Islam, le visage de la région va rester complexe et confus. Les groupes dominants au Moyen Orient -- Arabes, Perses, Turcs, Kurdes, Juifs (est-ce un groupe ethnique ? et que représente ce groupe quantitativement ?, ndt.), voire Berbères et Pachtounes – continueront à dominer la scène politique. Prenez les Perses à titre d’exemple : Longtemps avant l’Islam, les empires persans successifs se sont étendus jusqu’aux portes d’Athènes et étaient les rivaux perpétuels de quiconque habita l’Anatolie. Des peuples sémites contestant cette hégémonie ont combattu les Perses à travers le croissant fertile jusqu’à dans l’Irak. Et puis il y a les forces puissantes des diverses tribus et des commerçants arabes s’étendant et migrant dans d’autres régions sémites du Moyen Orient avant l’Islam. Les Mongoles auraient tout de même envahi et détruit les civilisations de l’Asie centrale et beaucoup du Moyen Orient dans le 13e siècle. Les Turcs aurait aussi conquis l’Anatolie, les Balkans jusqu’à Vienne et une grande partie du Moyen Orient. Ces luttes -- pour le pouvoir, le territoire, l’influence et le commerce – existaient bien avant l’arrivée de l’Islam. 

Cependant, c’est trop arbitraire d’exclure complètement la religion de l’équation. Si en réalité l’Islam n’a jamais émergé, la majeure partie du Moyen Orient serait restée essentiellement chrétienne avec ses diverses sectes comme cela a été le cas à l’aube de l’Islam. En dehors de quelques Zoroastriens et un petit nombre de Juifs, pas d’autre religion majeure n’était présente. 

Mais est ce que l’harmonie avec l’Ouest aurait-elle régné si le Moyen Orient était resté chrétien ? On va trop loin. Nous devrions assumer que le monde européen médiéval agité et expansif n’avait pas étendu son pouvoir et son hégémonie à ses voisins de l’Est, en recherche des prises économique et géopolitique. Après tout, qu’est ce que ce seraient les Croisades si ce n’étaient pas une aventure occidentale menée essentiellement par des besoins politique, social et économique ? La bannière du christianisme était un peu plus qu’un symbole fort, un cri mobilisateur pour bénir les besoins profanes des Européens puissants. En effet, la religion particulière des autochtones ne figurait jamais en tête des causes de l’expansion impériale de l’Occident à travers la planète. L’Europe a pu parler d’une manière édifiante de porter « les valeurs chrétiennes aux autochtones », mais l’objectif évident était d’établir des avant-postes coloniaux comme sources de richesse pour la métropole et des bases pour l’expansion du pouvoir occidental. 

Ainsi il est improbable que les habitants chrétiens du Moyen Orient aient bien reçu le flux des flottes européennes et leurs marchands soutenus par les fusils occidentaux. L’impérialisme aurait prospéré dans le mosaïque ethnique complexe de la région–-La matière brute du vieux jeu de diviser pour mieux régner. Et les Européens auraient toujours installé les mêmes dirigeants locaux pliables pour satisfaire leurs besoins. 

Avançons l’heure à l’époque du pétrole au Moyen Orient. Les états du Moyen Orient, même si chrétiens, aurait-ils bien accepté l’établissement des protectorats européens sur leur région ? Certainement pas ! L’Occident aurait toujours construit et contrôlé les mêmes points d’étranglement comme le canal du Suez. Ce n’était pas l’Islam qui a fait que les états du Moyen Orient résistent vigoureusement au projet colonial avec son nouveau traçage des frontières selon les préférences géopolitiques européennes. Non plus, ces états chrétiens du Moyen Orient n’auraient-ils bien accueilli les compagnies pétrolières occidentales impériales, soutenues par des administrateurs européens, des diplomates, des agents de renseignements et des armées, pas plus que ce qu’ont fait les Musulmans. Regardez la longue histoire des réactions des Américains latins à la domination des Américains étatsuniens sur leurs pétrole, économie et politique. Le Moyen Orient serait toujours aussi motivé pour créer des mouvements nationalistes anticolonialistes pour arracher le contrôle sur leurs terres, marchés, souveraineté et destinée de l’emprise étrangère – tout comme les luttes anticolonialistes dans l’Inde hindou, la Chine confucéenne, le Vietnam bouddhiste et l’Afrique chrétienne et animiste. 

Et certainement les Français se seraient, tout aussi volontiers, étendus sur l’Algérie chrétienne pour s’emparer des ses riches terres agricoles et établir une colonie. Aussi, les Italiens ne se sont pas fait gênés par le christianisme de l’Ethiopie pour transformer ce pays en une colonie violemment administrée. En bref, il n’y a pas de raison pour croire que la réaction du Moyen Orient à l’agression colonialiste européenne aurait changé significativement de la manière dont elle s’est effectivement déroulée sous l’Islam. 

Mais peut-être le Moyen Orient serait plus démocratique sans l’Islam ? L’histoire des dictatures en Europe elle-même n’est rassurant sur ce point. L’Espagne et le Portugal ont fini avec leurs violentes dictatures seulement en milieu des années 1970.

La Grèce s’est libérée d’une dictature liée à l’église il y a quelques dizaines d’années.

La Russie chrétienne ne s’en est toujours pas sorti. Jusqu’à récemment, l’Amérique latine accablée par les dictateurs, qui souvent régnaient avec les bénédictions des USA et avec le partenariat de l’église catholique. La plupart des nations africaines chrétiennes n’ont pas eu de meilleure réussite. Pourquoi un Moyen Orient chrétien se présenterait différemment ? 

Et puis il y a la Palestine. C’étaient évidemment les Chrétiens qui ont, honteusement, persécuté les Juifs durant plus qu’un millénaire culminant par l’Holocauste. Ces exemples horrifiques d’antisémitisme étaient bien enracinés dans la culture et les terres chrétiennes occidentales. Les Juifs auraient donc continué à chercher une patrie en dehors de l’Europe ; le mouvement sioniste aurait de toute façon vu le jour et aurait cherché une base en Palestine. Et le nouvel état juif aurait toujours déplacé les mêmes 750 milles Arabes natifs de la Palestine de leurs terres même s’ils avaient été des Chrétiens--en effet une partie parmi eux étaient des Chrétiens. Et ces Arabes chrétiens n’auraient-ils pas combattu pour protéger ou regagner leur propre terre ? Le problème israélo-palestinien reste au fond un conflit nationaliste, ethnique et territorial, renforcé seulement récemment par des slogans religieux. Et n’oublions pas que les Chrétiens arabes ont joué un rôle majeur dans les débuts du mouvement nationaliste arabe au Moyen Orient ; en effet, Michel Aflaq, le fondateur idéologique du premier parti panarabe Al-Baath, était un Chrétien syrien formé à la Sorbonne.

Mais les Chrétiens du Moyen Orient seraient certainement prédisposés religieusement envers l’Occident ? N’aurions-nous pas évité tous ces conflits religieux ? En effet, le monde chrétien lui-même a été déchiré par des hérésies depuis les premiers siècles du pouvoir chrétien, des hérésies qui étaient devenues des véhicules des oppositions politiques au pouvoir romain ou byzantin. Loin d’unir sous la religion, les guerres religieuses de l’Occident cachaient toujours des luttes plus profondes, ethnique, stratégique, politique, économique et culturelle pour la domination. 

En vérité cette même référence à un « Moyen Orient chrétien » cache une animosité vilaine. Sans l’Islam, les peuples du Moyen Orient seraient restés comme ils étaient à la naissance de l’Islam–-la plupart des disciples du christianisme orthodoxe oriental. Mais c’est facile d’oublier que l’une des controverses historiques la plus violente, la plus virulente et la plus durable fut celle entre l’église catholique à Rome et le christianisme orthodoxe oriental à Constantinople – une rancune qui persiste toujours. Les Chrétiens orthodoxes orientaux n’ont jamais oublié ou pardonné le sac de Constantinople la chrétienne par les croisés occidentaux en 1204. Presque 800 ans plus tard, en 1999, le pape Jean Paul II chercha à faire quelques petits pas pour cicatriser la plaie dans la première visite d’un pape catholique au monde orthodoxe en mille ans. C’était un début, mais le désaccord entre l’Orient et l’Occident dans un Moyen Orient chrétien serait plutôt resté comme il est aujourd’hui. Prenez la Grèce par exemple : La cause orthodoxe a été un puissant mobile derrière le nationalisme et le sentiment anti-occidental là bas, et les passions anti-occidentales dans la politique grecque, il y a seulement une dizaine d’années, résonnaient des même suspicions et vues virulentes de l’Occident que nous entendons aujourd’hui de la part de beaucoup de chefs islamistes. 

La culture de l’église orthodoxe diffère nettement de la philosophie occidentale de l’après siècle des lumières, qui insiste sur la laïcité, le capitalisme et la primauté de l’individu. Elle a encore des peurs résiduelles à propos de l’Occident similaires dans différents aspects les incertitudes des Musulmans d’aujourd’hui : des craintes du prosélytisme missionnaire occidental, la perception de la religion comme un vecteur clé pour la protection et la préservation de leurs propres communautés et culture, et une suspicion du caractère « corrompu » et impérial d l’Occident. En effet, dans un Moyen Orient chrétien orthodoxe, Moscou aurait joui d’une influence spéciale, même aujourd’hui, comme le dernier centre important de l’Orthodoxie orientale. Le monde orthodoxe serait resté une arène géopolitique clé pour la rivalité Est-Ouest dans la guerre froide. Après tout, Samuel Huntington, a inclut le monde chrétien orthodoxe parmi les plusieurs civilisations impliquées dans le choc culturel avec l’Occident. 

Aujourd’hui, l’occupation US de l’Irak ne serait mieux accueillie si les Irakiens étaient des Chrétiens. Les Etats-Unis n’ont pas renversé Saddam Hussein, un chef profondément laïque et nationaliste, parce qu’il était musulman. D’autres peuples arabes auraient toujours soutenu les Arabes irakiens dans leur traumatisme de l’occupation. Nulle part les gens ne se réjouissent de l’occupation et la tuerie de leurs concitoyens aux mains des troupes étrangères. En effet, des groupes menacés par de telles forces externes s’efforcent toujours de trouver des idéologies appropriées pour glorifier leur lutte de résistance. La religion est l’une de telles idéologies. 

Voilà donc le portrait d’un putatif « monde sans Islam ». C’est un Moyen Orient dominé par le christianisme orthodoxe oriental -- une église historiquement et psychologiquement méfiante de, voire hostile à, l’Occident. Même déchiré par des différences importantes ethniques, voire sectaires, ce Moyen Orient possède un sens aigu de conscience historique et de griefs contre l’Occident. Il a été envahi à plusieurs reprises par des armés impérialistes occidentaux ; ses ressources pillées ; ces frontières redessinées par des décrets occidentaux en conformité avec les différents intérêts de l’Occident ; et des régimes installés accommodants aux dictats occidentaux.

La Palestine brulerait toujours. L’Iran serait toujours profondément nationaliste. Nous verrions toujours les Palestiniens résister contre les Juifs, les Tchéchènes résister contre les Russes, les Iraniens résister contre les Britanniques et les Américains, les Cachemiris résister contre les Indiens, les Tamiles résister contre les Cingalais au Sri Lanka, et les Uigurs et les Tibétains résister contre les Chinois. Le Moyen Orient aurait toujours un modèle historique glorieux–-le grande empire byzantin avec plus de 2000 ans d’histoire-–avec lequel il s’identifierait comme un symbole historique et religieux. Ceci, à plusieurs égards, perpétuerait le fossé Est-Ouest. Ceci ne présente pas une image réconfortante et complètement pacifique. 

SOUS LA BANNIERE DU PROPHETE 

Evidemment, il est absurde de prétendre que l’existence de l’Islam n’a pas eu d’impact indépendant sur le Moyen Orient ou sur les relations Est-Ouest. L’Islam a fourni une force unificatrice d’un haut niveau à travers une large région. Comme une foi universelle, elle a créé une vaste civilisation qui partage des principes communs de philosophie, arts et société ; une vision d’une vie morale ; un sens de justice, jurisprudence et une bonne gouvernance – le tout dans une culture raffinée profondément enracinée. Comme une culture et une force morale, l’Islam a aidé à combler les différences ethniques entre les divers peuples musulmans, les encourageant à se sentir concernés comme une part d’un plus grand projet civilisationnel musulman. Rien que cela donne à ce projet un poids important. L’Islam a également affecté la géographie politique : S’il n’y avait pas eu d’Islam, les pays musulmans de l’Asie du Sud et du Sud-est–-notamment le Pakistan, le Bangladesh, la Malaisie et l’Indonésie—seraient aujourd’hui enracinés dans le monde hindou. 

La civilisation islamique fournissait un idéal commun auquel tous les Musulmans pouvaient faire appel au nom de la résistance contre l’empiètement occidental. Même si cet appel échouait à arrêter la marée impériale occidentale, il a créé une mémoire culturelle d’un destin généralement partagé qui n’a pas disparu. Les Européens étaient capables de diviser et conquérir beaucoup de peuples africains, asiens et américains latins qui sont tombés séparément devant la puissance occidentale. Une résistance transnationale unie entre ces peuples, était difficile à atteindre dans l’absence de tout symbole commun ethnique ou culturel pour la résistance. 

Dans un monde sans Islam, l’impérialisme occidental aurait trouvé la tache de diviser, conquérir et dominer le Moyen Orient et l’Asie, bien plus facile. Il n’y aurait pas eu de mémoire culturelle collective d’humiliation et de défaite à travers une vaste région. Cela est la raison principale qui explique pourquoi les Etats-Unis sont en train de se casser les dents sur le monde musulman. Aujourd’hui, les intercommunications globales et les images satellitaires partagées ont créé une forte auto-conscience parmi les Musulmans et un sens d’un plus grand siège impérial occidental contre une culture islamique partagée. Ce siège ne concerne pas la modernité ; il concerne la quête occidentale incessante pour la domination de l’espace stratégique, les ressources et même la culture du monde musulman--le trajet pour créer un Moyen Orient « pro-américain ». Malheureusement, les Etats-Unis supposent naïvement que l’islam est tout ce qui se met sur son chemin menant au prix à gagner. 

Mais quid du terrorisme--la question la plus urgente que l’Occident associe presque immédiatement avec l’Islam aujourd’hui ? Dans une nette franchise, le 11/9, aurait-il eu lieu sans l’Islam ? Si les griefs du Moyen Orient, enracinés dans des années de colère émotionnelle et politique contre les actions et la politique US, ont été enveloppés dans une autre bannière, est ce que les choses auraient-elles largement différentes ? Encore, il est important de se rappeler combien facilement la religion peut-elle être invoquée même si d’autres rancunes de longue-date sont à blâmer. Le 11 septembre 2001 n’était pas le début de l’histoire. Pour les pirates de l’air d’al-Qaïda l’Islam jouait le rôle d’une loupe dans le soleil, rassemblant ces griefs collectifs répandus et partagés, et les concentrant dans un rayon intense, un moment de clarté de l’action envers un envahisseur étranger. 

Dans la focalisation de l’Occident sur le terrorisme au nom de l’Islam, les mémoires sont courtes. Les guérillas juives utilisaient le terrorisme contre les Britanniques en Palestine. Les Tamiles hindous sri-lankais « Tigers » ont inventé l’art du gilet du suicide et pendant plus d’une décennie ils ont dirigé le monde dans le recours aux attenants suicides--don l’assassinat du premier ministre indien Rajiv Gandhi. Les terroristes grecques ont effectuée des opérations d’assassinat contre les officiels US à Athènes. Le terrorisme organisé sikh a tué Indira Gandhi, semé le chaos en Inde, instauré une base extérieure au Canada et abattu un vol Air India sur l’Atlantique. Les terroristes macédoniens étaient largement craints tout à travers les Balkans à la veille de la première guerre mondiale. Des douzaines d’assassinats majeurs à la fin du 19e et au début du 20e siècles ont été exécutés par des « anarchistes » européens et américains semant une peur collective. La l’Armée de la République Irlandaise (IRA) a développé un terrorisme effective brutale contre les Britanniques durant des décennies, tout comme ont fait les guérillas communistes et les terroristes au Vietnam contre les Américains, les communistes malais contre les soldats britanniques dans les années 1950, les terroristes Mau-Mau contre les officiers britanniques à Kenya--et le liste continue. Il n’y a pas besoin d’un Musulman pour faire du terrorisme. 

Même l’histoire récente de l’activité terroriste n’est pas très différente. Selon Europol, 498 attaques terroristes ont eu lieu dans l’Union Européenne en 2006. Parmi elles, 424 étaient perpétrées par des groupes séparatistes, 55 par des extrémistes de la gauche et 18 par divers d’autres terroristes. Seulement un attentat a été commis par des islamistes. Pour être complet, il y avait un nombre d’attentats déjoués dans une communauté musulmane hautement surveillée. Mais ces nombres révèlent le large éventail idéologique des terroristes potentiels dans le monde. 

Est-il alors très difficile d’imaginer les Arabes--chrétiens ou musulmans--, en colère contre Israël ou les invasions, les renversements et les interventions perpétuelles de l’impérialisme, faisant recours à des actes similaires de terrorisme et de guérilla. La question pourrait être plutôt, pourquoi ceci n’a pas eu lieu plus tôt ? Comme les groupes radicaux expriment les griefs dans notre monde globalisé, pourquoi nous ne devrions pas nous attendre à ce qu’ils portent leur lutte au cœur de l’Occident ? 

Si l’Islam déteste la modernité, pourquoi il avait attendu jusqu’au le 11/9 pour lancer ces attaques. Et pourquoi des penseurs islamiques majeurs au début du 20e siècle parlèrent du besoin d’adopter la modernité tout en protégeant la culture islamique ? La cause d’Oussama Bin Laden dans ses premiers jours ne concernait pas la modernité du tout--il a parlé de la Palestine, des bottes américaines sur les terres de l’Arabie Saoudite, des gouverneurs saoudiens sous le contrôle des Etats-Unis, et des « croisés » modernes. Il est frappant qu’il fallait attendre aussi tard que 2001 pour voir la première grande ébullition de la colère musulmane sur le sol des Etats-Unis, en réaction à la politique US et à des événements accumulés tout autant historiques et récents. Si ce n’était pas le 11/9, un événement similaire était fatalement à arriver.

Et même si l’Islam comme un vecteur de résistance n’avait jamais existé, le Marxisme l’a fait. C’est une idéologie qui a engendré un nombre incalculable de terroristes, de guérilla et des mouvements de libération nationale. Il a façonné l’ETA basque, le FARC en Colombie, le Shining Path en Pérou, et la Faction de l’Armée Rouge en Europe pour ne nommer que quelques uns en Occident. George Habash, le fondateur du meurtrier Front Populaire de la Libération de la Palestine, était un chrétien grec orthodoxe et un marxiste qui avait étudié à l’université Américaine de Beyrouth. Dans une époque où le nationalisme arabe en colère flirtait avec un Marxisme violent, beaucoup de Palestiniens chrétiens ont accordé leur soutien à Habash. 

Les gens qui résistent des oppresseurs étrangers cherchent des bannières pour propager et glorifier la cause de leur lutte. L’internationale lutte des classes pour la justice fournit un bon élément mobilisateur. Le nationalisme est encore mieux. Mais la religion fournit le meilleur de tous, en faisant appel aux plus hautes énergies pour défendre sa cause. Et partout, la religion peut toujours servir pour soutenir l’ethnicité et le nationalisme alors même qu’elle les transcende--notamment si l’ennemi est d’une religion différente. Dans de tels cas, la religion cesse d’être essentiellement la source d’affrontement et de confrontation mais plutôt son véhicule. La bannière du moment peu disparaître mais les griefs demeurent. 

Nous vivons une époque où le terrorisme est l’outil de choix du faible. Il entrave déjà la puissance sans précédent des armés US en Irak, Afghanistan et ailleurs. Et c’est ainsi que Bin Laden dans beaucoup de sociétés non-musulmanes fut appelé le « prochain Che Guevara ». Ce n’est rien moins que l’attrait d’une résistance réussie contre le pouvoir américain dominant, le faible contre-attaque. Un attrait qui transcende l’Islam ou la culture du Moyen Orient. 

ENCORE PLUS DE LA MEME CHOSE

Mais les questions demeurent, si l’Islam n’a pas existé, le monde serait-il plus pacifique ? Devant ces tensions entre l’Est et l’Ouest, l’Islam ajoute incontestablement un élément supplémentaire émotionnel, une couche supplémentaire de complications pour trouver des solutions. L’Islam n’est pas la cause de tels problèmes. Cela peut paraître raffiné de chercher des passages dans le Coran qui semblent expliquer « pourquoi ils nous haïssent ». Mais cela s’éloigne aveuglement de la nature du phénomène. Quelle idée confortable que d’identifier l’Islam comme la source « du problème » ; c’est certainement bien plus facile que d’explorer l’impact de l’empreinte globale massive de l’unique super puissance du monde.

Un monde sans Islam verrait toujours la plupart des rivalités tenaces meurtrières dont les guerres et les malheurs dominent la scène géopolitique. Si ce n’était pas la religion, tous ces groupes auraient trouvé d’autres bannières en dessous desquelles ils exprimeraient leur nationalisme et leur quête pour l’indépendance. Bien sûr, l’histoire n’aurait pas suivi exactement le même chemin comme elle l’a fait. Mais au fond, le conflit entre l’Est et l’Ouest reste toujours à propos des grandes questions historiques et géopolitiques de l’histoire humaine : l’ethnicité, le nationalisme, l’ambition, l’avidité, les ressources, les chefs locaux, le territoire de domination, le profit financier, le pouvoir, les interventions et la haine des étrangers, des envahisseurs et des impérialistes. Confronté à des questions intemporelles comme celles-ci, comment le pouvoir de la religion pourrait-il n’être pas invoqué ? 

Souvenons-nous aussi que pratiquement tous les principaux horreurs du 20e siècle vinrent presque exclusivement des régimes strictement laïques : Léopold ii de Belgique au Congo, Hitler, Mussolini, Lénine et Staline, Mao et Pol Pot. C’étaient les Européens qui ont imposé leurs « guerres mondiales » par deux fois au reste du monde--deux conflits globaux dévastateurs sans aucun vague parallèle dans l’histoire islamique. 

Quelques-uns aujourd’hui pourraient souhaiter un « monde sans Islam » dans lequel ces problèmes n’auraient vraisemblablement jamais eu lieu. Mais, en vérité, les conflits, les rivalités et les crises d’un tel monde pourraient ne pas apparaître si largement différents de ceux que nous connaissons aujourd’hui.

* Graham E. Fuller est un précédent vice président du conseil national des renseignements « National Intelligence Council » à la CIA, chargé des prévisions stratégiques à long terme. Il est actuellement professeur adjoint d’histoire à l’université Simon Fraser à Vancouver. Il est l’auteur de plusieurs livres sur le Moyen Orient, dont « L’Avenir de l’Islam Politique » (chez Palgrave Macmillan, New York, 2003).

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02 mars 2008

Qui est le prophète Mohamed?

Trouvez quelques bribes de réponses dans ce fichier... Réponses données par des occidentaux majoritairement non musulmans

Qui_est_le_prophete_Mohamed

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06 février 2008

Qui a dit que les canadiens étaient individualistes?

Collectivisme, individualisme... Des mots clés dont je suis devenue presque fanatique :) Depuis mon mémoire de fin d'études dont le sujet était étroitement lié à ces deux concepts, et à la culture de manière plus générale, je n'arrive plus à me débarrasser de cette manie qui consiste à classer les gens soit en individualistes soit en collectivistes :)

Un prof québécois avec qui j'avais eu une discussion il y'a 2-3années m'avait dit une phrase qui m'a marquée: Pourquoi mettrais-tu les québécois dans l'extrême individualiste? juste parce que tel auteur (Hofstede pour ne pas le citer) l'a dit? Tu sais c'est plus compexe que cela! Moi je vois que la génération des jeunes est individualiste, mais je peux te dire que ma génération est on ne peut plus collectiviste... Dans un même pays tu peux trouver deux tendances très différentes...

J'avais saisi un peu ce qu'il voulait dire mais je n'avais pas vraiment de preuve concrète devant mes yeux.

Cependant, aujourd'hui, non seulement je le crois (après observation etc), mais je pense que le collectivisme est grandement lié à la région. Autrement, dans un même pays, on trouve des régions extrêmement individualistes (notamment les métropoles, les capitales etc), d'autres extrêmement collectivistes (petites villes, ruralités etc).

La semaine passée, on est parti dans un village à 20minutes de la ville de Québec (Lac Beauport pour ne pas le citer), et j'ai été super-impressionnée par la générosité de ces gens!

Pour commencer, tempête de neige oblige, on a du rouler à 30km/h ou moins, et ce, durant 8 heures!  (le trajet ne prenant normalement que 3h). Résultat: au lieu d'arriver vers minuit, on n'est arrivé qu'à 5h du matin! Pire que ça, les routes n'étaient pas encore déneigées et la voiture avait réellement du mal à monter jusqu'à notre chalet. Là, une bande de trois jeunes, qui ne devaient même pas avoir la 20aine, arrive en voiture (ne me demandez pas que trouvaient-ils comme charme à sortir en voiture en plein froid à 5h du matin :) je ne saurais répondre... Ou peut être si, ils étaient envoyés pour nous aider :)... Donc cette bande arrive, ils nous voient arrêtés à un endroit de la pente... Ils peuvent très bien nous ignorer sauf qu'ils viennent nous voir. Ils nous proposent de monter la pente avec leur voiture, pour nous guider dans le chemin d'une part, et rendre la route plus facile à faire (elle était pleine de neige). Ce n'était pas facile comme opération. À un certain moment notre voiture bloque. L'un d'entre eux descend, en plein froid et il fait 5h, de leur voiture, et vient pousser avec nous la voiture pour la dégager... Il y met toutes ses forces, comme s'il nous connaissait depuis trop longtemps!

Le lendemain, la voiture est super couverte de neige et, comme on était trop KO la veille pour aller chercher nos affaires, tout est dedans, on est obligé de la déplacer ou du moins de l'ouvrir pour sortir nos affaires... Sauf qu'elle est bloquée par la neige, il y'en a partout... On n'a même pas de pelle...

On ne demande pas d'aide, quand un monsieur qui doit avoir au moins 70ans, vient proposer à l'un de nous son matériel... Ensuite, nous voyant (on était 3, mais personne n'était bien initié à comment pelleter et dégager la voiture de la plaine de neige où elle baigne... Eh oui, marocains habitués au soleil :), donc en nous voyant en pleine galère, il vient, nous aide malgré son âge, puis il essaie de démarrer la voiture, il prend tout ça à coeur, alors qu'on ne se connait pas!

Samedi, on est super fatigué, on n'a pas beaucoup profité de la journée. Un ami de la clique appelle la dame qui nous loue le chalet, pour lui demander la permission qu'on quitte le chalet à 16h au lieu de midi, car on a besoin de plus de temps pour ranger nos affaires et qu'on n'est arrivé qu'à 5h du matin la nuit du vendredi au samedi. Qu'est ce que la dame répond? Le plus gentiment du monde, elle nous dit que de toutes façons personne ne sera là lundi, donc qu'on peut même passer la nuit du dimanche au lundi sans s'en faire!

Bref, je suis revenue émerveillée de ce voyage, et plus convaincue que jamais que l'entraide n'a pas de drapeau, elle est partout, il suffit qu'on soit suffisamment ouvert sur le monde pour aller la découvrir ;)

Posté par falas123 à 21:03 - Mes p'tits bonheurs - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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